Nos réserves
RN de Wésomont
RN du Pierreux
Ferrières compte deux réserves naturelles communales gérées par Le Genévrier asbl.
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La réserve du Pierreux, située à Xhoris, au nord de la commune, est constituée de pelouses sèches sur sol calcaire (Calestienne).
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La réserve de Wésomont à Werbomont, au sud de la commune est un ensemble de prairies humides sur sol acide (Ardenne).
Si vous souhaitez vous investir dans les actions de gestion des ces réserves, n’hésitez pas. Contactez directement les conservateurs des sites ou le Genévrier asbl.
La Réserve naturelle de Wésomont
Situation
Les prairies abandonnées de Wésomont sont localisées à peu près à mi-chemin entre la route de Bastogne (N30) et l’autoroute E25 le long du chemin d’Aywaille à Harre. Elles sont renseignées au plan de secteur en zone agricole.
Elles se situent à une altitude comprise entre 430 et 440m.
Le site s’est développé dans une lentille de sols limoneux peu caillouteux mal drainés. À faible profondeur apparaît un substrat relativement compact et très imperméable. Ces sols surmontent les couches géologiques schisteuses du Gedinnien.
Cette mégaphorbiaie couvre une surface d’environ 2.4 Ha dont une partie seulement (1,6 Ha) a reçu, à ce jour, l’agrément comme réserve naturelle.
Historique
Pendant longtemps, le paysage de la réserve et des ses alentours a été, comme partout en Ardenne, un paysage de landes ou bruyères dévolues au pâturage (principalement des moutons) et où les villageois pratiquaient l’essartage permettant de maigres cultures.
Jusqu’à la fin du XIXème siècle, Wésomont faisait partie de la zone de culture de Werbomont. Les premiers boisements dans ce secteur apparaissent au début du XXème.
De la culture, ces parcelles sont ensuite passées, comme bien d’autres, à l’herbage beaucoup plus rentable sur ce type de sol ; c’était encore le cas dans les années 1950.
Les pratiques agricoles semblent avoir été abandonnées par l’agriculteur vers les années 1970. Le site sera progressivement recolonisé par les espèces feuillues, saules et aulnes principalement. Toutefois, il n’a pas été complètement « délaissé ». Des haies de Sorbiers des oiseleurs (Sorbus aucuparia) donnent à penser que la tenderie y a été longtemps pratiquée et un vivier y a été maintenu.
Dans le cadre d’une extension de la réserve (qui fera l’objet d’un dossier d’agrément séparé), et sous l’égide de Natagriwal, cette mare a été considérablement agrandie et deux autres ont été creusées.
Ces prairies faisaient en réalité partie de ces nombreux terrains à l’abandon susceptibles à l’époque d’être livrés au « sapin de Noël ».
La flore
Les mégaphorbiaies comptent évidement une série d’espèces liées aux zones ouvertes résultant de l’abandon de la pâture ou de la fauche : Houlque laineuse (Holcus lanatus), Pâturin commun (Poa trivialis), Fétuque rouge (Festuca rubra), Oseille sauvage (Rumex acetosa). Ces sites relativement humides recèlent en outre des espèces telles que les Joncs aggloméré (Juncus conglomeratus) et à tépales aigus (Juncus acutiflorus), le Cirse des marais (Cirsium palustre), le Lotier des fanges (Lotus uliginosus).
Les ombelles de l’Angélique sauvage (Angelica sylvestris) dominent la flore à la fin de l’été et sont le signe le plus tangible de cet abandon des pratiques agricoles. Dans les endroits plus marécageux, on découvre la Violette des marais (Viola palustris), le Jonc épars (Juncus effusus), la Succise des prés (Succisa pratensis), la Bistorte (Bistorta officinalis), le Populage des marais (Caltha palustris) et, parmi d’autres, la Sphaigne des marais (Sphagnum palustre), le Scorzonère des prés (Scorzonera humilis), la Valériane dioïque (Valeriana dioica) ou encore la Stellaire des sources (Stellaria uliginosa).
Les plus remarquables parmi les plantes découvertes à Wésomont sont toutefois les orchidées et particulièrement, la Platanthère des montagnes (Platanthera chlorantha), l’Orchis tacheté (Dactylorhiza maculata), l’Orchis à larges feuilles (Dactylorhiza majalis) et leur hybride (Dactylorhiza X dinglensis) décrit par Bailly, L. en 1986 (1).
– BAILLY, L., 1986. – Une orchidée hybride à Werbomont : Dactylorhiza X Dinglensis. Le Genévrier,3,29-32
– DE SLOOVER, J. et LEBRUN, J., 1976 – Les mégaphorbiaies à angélique (Angelica sylvestris), du Plateau des Tailles (Ardenne belge). Phytosoc. V., Les prairies humides, Lille, 1-6 + 1 tableau.
Flore photographiée sur le site
La faune
L’abandon du lieu par l’homme lui confère, bien entendu, un intérêt botanique car la flore peut dès lors s’exprimer sans contrainte. Cette diversité botanique entraîne l’apparition d’une petite faune variée : insectes, papillons, libellules, …
L’avifaune est bien représentée.
Ont été observées, entre autres, les espèces suivantes : la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), la Bécasse des bois (Scolopas rusticola), le Pipit des arbres (Anthus trivialis), le Pipit Farlouse (Anthus pratensis), la Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina), le Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), la Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea), le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros), le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), la Tourterelle des bois (Streptopelia turtur), l’Orite à longue queue (Aegithalos caudatus), l’Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta), …
La présence des mares entraîne de fréquentes visites du Héron cendré (Ardea cinerea), du Canard colvert (Anas platyrhynchos) et la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) y a été observée.
Le Lézard vivipare (Lacerta vivipara), la Grenouille rousse (Rana temporaria), le Crapaud commun (Bufo bufo), le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) et la Couleuvre à collier (Natrix natrix) y ont également été recensés.
La mégaphorbiaie reçoit aussi régulièrement la visite du Lièvre brun (Lepus europaeus), du Chevreuil (Capreolus capreolus), du Cerf élaphe (Cervus elaphus) et on y note la présence de la Musaraigne aquatique (Neomys fodiens).
Les ombellifères attirent évidement de nombreux insectes parmi lesquels libellules, demoiselles et papillons se taillent une place de choix. La présence du Paon du jour (Inachis io), du Robert le diable (Polygonia c-album), de la Belle-dame (Vanessa cardui), de la petite Tortue (Aglais urticae), du Nacré de la sanguisorbe (Brenthis ino), du Nacré de la ronce (Brenthis daphne) et de quelques nocturnes dont l’Écaille marbrée (Callimorpha dominula) qui a été notée à diverses reprises.
L’inventaire est permanent.
Faune photographiée sur le site
La gestion
La gestion de ce site vise tout d’abord à lui conserver une physionomie ouverte en éliminant les brins ligneux qui s’y implantent rapidement. L’accumulation de la matière organique entraîne une modification du couvert et son élimination s’impose donc; la fauche semble être le moyen le mieux approprié. Toutefois, il faut également lui conserver son caractéristique faciès à angélique.
Un fauchage estival interrompant le développement de l’angélique sauvage en pleine croissance, il faut le prévoir plus tôt dans la saison ou plus tard après sa floraison. Un fauchage précoce n’est toutefois pas indiqué non plus car il interviendrait en cours de croissance des orchidées. Il faut donc se résoudre à faucher à la fin de l’été ou au début de l’automne, les fanes et déchets de fauche étant enlevés du site.
Afin de protéger la petite faune séjournant dans les tiges fanées des cirses et de l’angélique (longicornes, lépidoptères, diptères, coléoptères …), le site est traité en plusieurs fois. Le travail peut être effectué à la faux ou à la débroussailleuse; les engins lourds dans ces sols humides sont évidemment à proscrire.
Une gestion par pâturage de bovins est également pratiquée depuis 2020. Elle a lieu du mois d’août au mois d’octobre avec une tournante sur les différentes parcelles de la réserve.
Si vous souhaitez vous investir dans les actions de gestion de la réserve de Wésomont, vous êtes le (la) bienvenu(e). Faites-vous connaître auprès de Jacques Wagener, le conservateur ou au Genévrier asbl.


